avril 1, 2026

Gestion de la pourriture grise du raisin

Le raisin occupe une place importante dans la production fruitière mondiale. Il se classe au deuxième rang des fruits les plus cultivés après les agrumes. Actuellement, plus de 90 pays produisent du raisin, et la production mondiale de fruits a atteint 887 millions de tonnes en 2020, dont 9 % étaient constitués de raisin. (Source : FAO)

Le raisin (Vitis vinifera L.) appartient à la famille des Vitaceae Juss. et au genre Vitis L. C’est une liane ligneuse caduque et un fruit de type baie. Le raisin présente une peau fine, une teneur élevée en eau et une texture tendre, ce qui le rend très sensible aux dommages mécaniques et aux infections par des agents pathogènes, pouvant entraîner sa pourriture. Cela affecte considérablement la qualité et le rendement du raisin.

La moisissure grise, communément appelée pourriture grise, tache blanche ou brûlure des fleurs, est causée par une infection due à Botrytis cinerea. Elle constitue l’une des maladies fongiques les plus importantes de la vigne et se classe au deuxième rang des maladies fongiques les plus significatives au niveau mondial parmi les dix principaux agents pathogènes fongiques.

Épidémiologie de la moisissure grise

Température : 21–25 °C (croissance et propagation optimales).

Humidité relative :
>85 % (le développement reproductif commence).
> 90 % (le développement reproductif s’accélère nettement).

Trois principales périodes de forte incidence :

  1. Stade de la floraison :
    L’agent pathogène attaque les fleurs et les jeunes fruits, provoquant la pourriture, le flétrissement et la chute des fleurs. Les infections peuvent ensuite se propager aux grappes de raisin et aux rafles.
  2. De la véraison à la maturation :
    L’agent pathogène pénètre généralement par des blessures, entraînant l’apparition de lésions enfoncées sur la rafle. Cela peut provoquer la pourriture molle de grappes entières, le noircissement des pédoncules des baies et la formation d’une couche de moisissure gris noirâtre.

Stade du stockage post-récolte :
Dans des conditions de stockage mal maîtrisées, une moisissure gris noirâtre peut se développer, entraînant des pertes de qualité après récolte.

Symptômes

  1. Inflorescences:

Deviennent grises puis brun foncé avant la floraison. La zone infectée se ramollit et pourrit, en se couvrant d’une moisissure grisâtre. Les fleurs infectées se flétrissent, et les jeunes fruits peuvent tomber.

2. Pousses et feuilles:

Parfois accompagnées d’anneaux peu marqués et d’une couche de moisissure grise. Les premières infections sur les feuilles peuvent apparaître sous forme de taches irrégulières brun rougeâtre, souvent en forme de V et localisées près du bord du limbe ou le long des nervures principales.

3. Fruits mûrs et tiges:

Le fruit présente des taches brunes déprimées à la surface, puis devient mou et pâteux. Les tiges noircissent, et des sclérotes noirs se développent à partir de la base.

En conditions sèches, les fruits infectés peuvent se ratatiner en raison d’une perte d’eau. À l’inverse, dans des conditions d’humidité excessive, les fruits peuvent se fissurer et une couche de moisissure gris foncé peut se former à leur surface.

Cette moisissure n’affecte pas seulement l’apparence des fruits, mais peut également réduire davantage leur valeur marchande et leur qualité de conservation.

Mesures de prévention et de lutte

Pour prévenir et lutter efficacement contre la moisissure grise du raisin, il est recommandé d’adopter une approche axée sur la prévention et le traitement précoce.

  1. Utiliser du matériel végétal sain et appliquer des mesures de quarantaine:

Lors du transport de plants de raisin provenant d’autres régions, ceux-ci doivent être soigneusement inspectés. Si certains plants présentent des risques potentiels de ravageurs, de maladies ou d’agents pathogènes, des mesures immédiates doivent être prises pour isoler les plants infectés afin d’empêcher la propagation des ravageurs et des maladies aux plants sains.

  1. Sélectionner du matériel végétal de haute qualité:
  • Système racinaire : sélectionner des plants de vigne dotés d’un système racinaire bien développé, fibreux et uniformément réparti.
  • Sarments et bourgeons : choisir des plants de vigne présentant des sarments épais et robustes, avec plusieurs bourgeons sains et bien développés aux nœuds (généralement 3 à 4 ou davantage).
  • État sanitaire : exempt de dommages mécaniques importants ainsi que de toute infestation de ravageurs ou de maladies.
  1. Gestion de la canopée : optimiser la densité de plantation et l’architecture du couvert végétal
  • Justification : Une densité de plantation élevée crée une canopée dense avec une mauvaise circulation de l’air, une forte humidité et une pénétration réduite de la lumière solaire. Ces conditions sont idéales pour la germination et la propagation des spores de Botrytis cinerea.
  • Pratique recommandée : adopter des systèmes de conduite conçus pour ouvrir la canopée. Le système de palissage en « V » est particulièrement efficace pour favoriser l’aération et l’exposition à la lumière (en serre). Pour les vignobles en plein champ, choisir des systèmes de conduite garantissant une bonne circulation de l’air.
  • Recommandations en matière de densité : la densité doit être déterminée en fonction de la vigueur de la variété, des conditions climatiques locales et du système de conduite adopté.
  1. Gestion renforcée de la fertilisation et de l’irrigation
  • Fertilisation : augmenter l’apport d’engrais organiques et d’engrais microbiens. Accroître les apports en phosphore (P) et en potassium (K) afin d’augmenter la teneur du sol en matière organique, ce qui favorise la croissance des plantes et le développement des fruits.
  • Eau : éviter la condensation de l’eau sur les parties sensibles de la plante, car l’humidité libre est nécessaire à la germination et à l’infection. Éviter l’arrosage par aspersion pendant la floraison. Si cette méthode d’irrigation est la seule disponible, irriguer tôt dans la journée afin que le feuillage puisse sécher le plus rapidement possible. Allonger autant que possible l’intervalle entre les irrigations afin de favoriser davantage le séchage du feuillage et des fleurs.
  1. Assainissement du vignoble

Après la récolte : procéder à un nettoyage approfondi du vignoble. Enlever rapidement les feuilles, sarments et fruits malades, puis les brûler ou les enfouir profondément afin de réduire l’inoculum hivernant.

  1. Lutte chimique

Stratégie d’application : le nombre et le moment des applications dépendent de la pression de la maladie, des conditions météorologiques et de la sensibilité du cultivar. Un temps sec peut réduire la nécessité de traitements fréquents.

Moments clés : floraison, pré-fermeture de la grappe, véraison et pré-récolte.

Choix des fongicides :

Fongicides protecteurs (pré-infection) : utiliser des produits tels que le King’s Mangro (mancozèbe 80 % WP) ainsi que la bouillie bordelaise.

Fongicides curatifs (post-infection) : retirer d’abord tous les fruits infectés. Puis appliquer rapidement un traitement avec des fongicides systémiques, tels que King’s Shine (pyriméthanil 40 % SC).

Cas sévères : un mélange de fongicides protecteurs et curatifs peut être envisagé pour obtenir les meilleurs résultats, par exemple King’s ResisTec (fludioxonil 10 % + cyprodinil 15 % SC), King’s Aurora (boscalid 50 % WG) et King’s Shield (pyraclostrobine 12,8 % + boscalid 25,2 % WG).

Toujours alterner les différents types de fongicides afin de prévenir l’apparition de résistances.

Nom commercial

Maladies typiques

Dosage

(mL/100 L d’eau)

Application

King’s Shine

Moisissure grise, oïdium

70-100

Pulvérisation foliaire

King’s ResisTec

Moisissure grise

80-100

Pulvérisation foliaire

King’s Aurora

Moisissure grise, oïdium

Mildiou,Pourriture noire

100-200

Pulvérisation foliaire

King’s Shield

Pourriture grise

50-100

Pulvérisation foliaire

Note technique :
Les programmes de gestion des maladies doivent être élaborés conformément aux réglementations agricoles locales et aux principes de la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM / lutte intégrée).

Avertissement : Cet article est fondé sur des documents publics de vulgarisation agricole et sur des pratiques générales de protection intégrée des cultures. Les recommandations de gestion doivent être adaptées aux conditions locales et à la réglementation en vigueur.

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